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 A Nantes avec Joseph Moingt Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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C'était les  20 avril  et21 avril   2012 A l'initiative de la CCB44  Joseph Moingt  devait intervenir à propos de  : Être chrétien dans la modernité d'aujourd'hui ? , Pourquoi beaucoup de catholiques ne se sentent pas à l'aise dans leur Église ? Remèdes ? Responsabilités ?

A défaut d'avoir quelques notes sur ce week-end voici une reprise des propos de   Joseph MOINGT, sj  lors d’une conférence donnée à Blois le 24 septembre 2010

ANNONCE DE L’EVANGILE ET STRUCTURES D’EGLISE

  

 I – TEMOIGNER DE L’EVANGILE

 

è    Quelle priorité ?

« L’Eglise traverse présentement, dans l’ensemble des pays occidentaux, une période difficile de son histoire, peut-être la plus difficile parce que les maux qui la menacent ne viennent pas du dehors, comme si souvent par le passé, mais du dedans … »

è    Quel Evangile ?

«  Notons cependant que le mot signifie ‘Bonne nouvelle’ : c’est essentiellement un message de joie et d’espérance, tourné vers le futur ; il veut dire que tout peut changer, que tout va changer, car Dieu est au travail dans ce monde ».

« Et en tout cela, il n’est pas question de religion : attendant la venue de Dieu, Jésus ne laisse aux siens aucun code rituel, ni législatif, ni dogmatique, rien d’autre qu’un humanisme nouveau, une façon de vivre en relation les uns envers les autres qui découle directement de la Paternité universelle de Dieu. Pour tout le reste, il s’en remet à l’Esprit Saint, qui guidera les siens ‘vers la vérité toute entière’ (Jean, 16, 13) ».

è    Quel témoignage ?

« L’Evangile indique lui-même, en s’énonçant, de quelle manière il faut en témoigner : par des actes de fraternité et d’union, par des messages d’amitié, d’espoir et de joie, car il est ‘ bonne nouvelle ‘ et parole d’amour ; et ces actes et ces messages sont toujours à réinventer en fonction de la nouveauté des temps, puisqu’il est lui-même, par essence, nouveauté et innovation ».

 

II – PARLER AUX HOMMES DE NOTRE TEMPS

 

è    Comprendre ce qui se passe

« Le déclin du christianisme est largement amorcé depuis le 19ème siècle …Le retrait de la religion n’est donc pas originellement un mouvement de déchristianisation dû à l’accumulation des rejets de la foi, c’est un phénomène de civilisation, de desserrement et de rupture du lien qui a uni depuis les débuts de l’histoire la religion et la société, car c’est le sacré, le culte des dieux, le mythe d’une descendance divine commune qui a formé le lien social originel des individus entre eux. A mesure donc que le droit politique prenait en charge le lien social et les divers besoins de la vie en société, il s’en suivait une sécularisation de la société et une laïcisation du pouvoir de l’Etat, phénomène qui sapait la nécessité de la religion et son emprise sur les individus … Or, c’est bien le christianisme qui a été le moteur de cette émancipation, lui qui est né d’une rupture  avec son milieu originel … ».

« Mais il est arrivé un temps où l’Eglise a pris peur de cette émancipation, qui ébranlait sa tradition et son autorité, et a entrepris de la réfréner ; et c’est alors que des chrétiens de plus en plus nombreux se sont mis à la quitter, non par rejet de la foi, mais par accointance avec les idées nouvelles et les libertés nouvelles que repoussait l’Eglise. Il est aussi arrivé, à la faveur du progrès des sciences et des techniques, que les individus se sont davantage intéressés aux ‘fins naturelles’ de l’existence qu’à ses ‘fins surnaturelles’, alors que l’Eglise n’attachait d’intérêt qu’à celles-ci, et s’en faisait même un moyen de domination sur les esprits, ce qui a aussi contribué à sa désertion ».

è    Juger selon l’Evangile

« … Dieu ne préfère-t-il pas un homme devenu ‘majeur’, qui ne se dirige plus que selon sa conscience, aux agenouillements infantiles et craintifs de tant de chrétiens restés ‘mineurs’ ? ».

« Mais il ne s’ensuit pas que le chrétien ait le droit de se désintéresser du salut de ce monde areligieux, comme s’il pouvait se sauver tout seul : l’Evangile est la seule voie de salut, et c’est ce qui fonde le devoir absolu de le porter au monde ».

« Voila pourquoi, alors que nous ne devons pas penser que ce monde sorti de religion est sorti des voies du salut, il est cependant nécessaire de toujours lui annoncer l’Evangile qui apprend aux hommes ce qu’est la vérité de l’amour … Ce n’est pas seulement par souci du salut du prochain que les chrétiens doivent porter l’Evangile au monde, c’est aussi pour travailler avec tous les hommes de bonne volonté à l’accomplissement du projet créateur, qui est de conduire l’homme à la plénitude de son humanité créée à la ressemblance de Dieu et d’unifier tous les peuples et tous les individus dans la paix, la justice et l’amour pour que ce monde accueille dès maintenant le royaume de Dieu qui vient à nous à tout instant ».

« A comprendre ainsi les ‘signes des temps’, en tant qu’ils requièrent une conception nouvelle de la mission évangélique, on pressent qu’elle reposera principalement sur les fidèles de la base, ceux qui sont le plus intimement mêlés à la vie du monde à évangéliser, ce qui imposera à terme une reconfiguration des offices et des structures de l’Eglise ».

 

III – ENVOYER LES FIDELES A LA MISSION

 

è    La charge de la mission

« L’Eglise est tellement centrée sur le principe du pouvoir sacré que la plupart des fidèles s’étaient habitués à l’idée qu’ils n’avaient qu’à se laisser passivement conduire par leurs pasteurs, à bien remplir leurs devoirs religieux, sans aucune responsabilité dans les affaires de l’Eglise ».

« Paul énumère ‘ceux que Dieu a établis dans l’Eglise’ (1 Co 12, 4. 28) … il ne s’agit pas des douze apôtres nommés dans les évangiles, ni des ministres consacrés, mais, d’une part de chrétiens mieux instruits que des communautés envoyaient porter la Parole de Dieu là où elle n’avait pas encore été annoncée et, d’autre part, de fidèles que l’Esprit suscitait et signalait par ses dons pour les mettre au service des besoins variés des communautés…. Il est clair que la parole circulait abondamment et librement en ces premiers temps, souvent avec un mandat reçu de la communauté, toujours sous son discernement, mais nul n’en était exclu a priori car l’Esprit Saint se répandait de lui-même, sans être la propriété d’aucune autorité instituée ».

è    La mission du laïcat

« L’Eglise du 20ème siècle se trouve en Occident dans une situation inédite ; c’est la première fois dans son histoire qu’elle annonce l’Evangile à une société massivement incroyante, agnostique et détachée de la pratique religieuse ; jusque là, prêcher le Christ consistait à exhorter les gens et les peuples à changer de religion, il s’agirait maintenant de leur enseigner Dieu. Mais Dieu est-il objet d’enseignement, la foi en Dieu peut-elle se prescrire comme une vérité évidente ? ».

« Si l’on est bien convaincu que ce monde a besoin, pour être sauvé, qu’on lui annonce l’Évangile et que cela ne se réduit pas à annoncer l’Église, il faut chercher d’autres moyens que la voix officielle de l‘Église hiérarchique pour se faire entendre du monde. - Peut-on espérer l’atteindre au moyen des activités pastorales qui se font dans nos églises ? Ces activités constituent certainement un moyen d’évangélisation …; mais le fait que les prêtres sont si peu nombreux et tellement absorbés par les offices du culte, et que la plupart des gens ne fréquentent plus ces offices que de loin en loin … ce fait rend très aléatoire la possibilité d’une large diffusion et d’une écoute profitable de l’Évangile dans un cadre proprement religieux…. il ne reste que l’apostolat des laïcs pour prendre la mission en charge de façon vraie et efficace ».

è    Des communautés missionnaires

« Jésus a défini le critère de l’identité chrétienne en donnant aux siens ce signe : ‘Tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples à ceci que vous aurez de l’amitié les uns pour les autres’ (Jn 13, 35)… A une époque où les communautés étaient dispersées, Paul considérait qu’elles constituaient à elles toutes l’unique Eglise, corps du Christ, et que cette unique Eglise est présente en chaque communauté … Il est donc conforme à l’esprit de l’Evangile et à la pratique de l’Eglise apostolique de vouloir que la mission soit confiée aux laïcs et se fasse sur une base et sous une forme communautaire ».

« Pour qu’il en aille ainsi, chaque communauté devra, réciproquement, se donner une configuration et une finalité missionnaire : s’organiser en vue principalement d’un partage d’Evangile et non d’une célébration religieuse, orienter ce partage vers les problèmes qui se posent dans l’espace environnant, l’ouvrir à d’autres personnes désireuses de réfléchir à ces problèmes, prendre en charge cet environnement sociétal, avec ses souffrances et ses besoins, se disposer à des actions concrètes … ».

« À condition, je l’ai dit, que ce partage d’Évangile soit orienté par le souci concret du salut du monde. À condition encore que la parole des chrétiens soit audible et crédible pour des non-croyants imbus des idées de modernité, c’est-à- dire, qu’elle apparaisse inspirée par la liberté de jugement et pas seulement par l’obéissance à une institution religieuse … A condition enfin que cette mission du laïcat, avec la liberté de pensée et d’action qu’elle suppose, s’exerce et soit connue comme une mission d’Église, [ce qui] concerne le lien hiérarchique, et c’est ici que pointe la nécessité d’une réforme structurelle de l’Église ».

 

IV - CHANGER LES STRUCTURES DE L'ÉGLISE

 

« Nous voici enfin parvenus à la question que plusieurs d'entre vous attendaient peut-être avec impatience, et j'espère que vous avez compris que je ne l'aborde si tard que parce que j'ai voulu fonder la nécessité de réformer les structures de l'Église sur des arguments sérieux, sur l'Évangile, sur la pratique et l'enseignement de l'Église apostolique, sur la situation contemporaine de l'Église, du monde et de leurs rapports réciproques, sur les besoins et les conditions de la mission dans le contexte actuel ; et je n'ai pas voulu réduire cette réforme à une question de pouvoir et de pouvoir sacré, comme s'il s'agissait d'en enlever à ceux qui en ont ou en ont trop, pape, évêques et prêtres, pour en donner à ceux qui n'en ont pas du tout, c'est-à-dire aux laïcs ».

è    La nécessité des réformes

« L'ampleur des réformes à entreprendre se devine dès qu'on remarque que l'Église s'est bâtie depuis les siècles les plus lointains sur le seul principe d'autorité, de l'autorité sacrée, absolue, hiérarchique et monarchique ; si donc il s'agit de faire de la place à la liberté des laïcs, ce qui ne se fera pas sans que certains pouvoirs leur soient reconnus, le problème se posera de desserrer les rouages du pouvoir ecclésiastique à chacun de ses niveaux organisationnels. Comment cela se fera-t-il ? J'en parlerai ici d'un point de vue tout théorique et j'y reviendrai d'un point de vue plus pratique à la fin de cet exposé, après que nous aurons admis l'impossibilité d'une réforme venue d'en haut. »

« Commençons par le bas. Au plus bas niveau géographique et administratif de la pyramide ecclésiale, on trouve la paroisse, organisée en vue des besoins religieux du territoire qu'elle recouvre ; la raréfaction des prêtres a entraîné un mouvement général de regroupement des paroisses. La réorganisation en vue de la mission exigera l'arrêt et le renversement de ce mouvement de regroupement dont la finalité est purement cultuelle ; on ne demandera plus aux chrétiens de se rassembler là où il y a des prêtres disponibles, on les laissera se réunir au plus près du territoire dont ils prendront la charge évangélique et qu'ils auront à délimiter eux-mêmes. Puisqu'elles devront se présenter au monde moderne sous une figure qui témoigne de la liberté selon l'Évangile que l'Église est censée reconnaître à ses fidèles, l'évêque laissera ces communautés se gérer et s'organiser elles-mêmes sous un mode démocratique »

« Mais on ne peut pas envisager l'organisation missionnaire du niveau de base sans être tout de suite obligé de s'élever à un niveau supérieur. Les besoins du travail missionnaire exigeront aussi que les communautés d'un même secteur ou diocèse se concertent entre elles pour délimiter leurs terrains respectifs et s'épaulent soit pour unir leurs forces sur un même champ d'activité soit pour se répartir des types d'actions spécifiques. La remontée à un échelon supérieur, disons diocésain, requerra que les décisions à prendre soient délibérées et arrêtées en commun et que leur exécution fasse aussi l'objet d'un contrôle commun. Le respect de la responsabilité des laïcs de la base exigera qu'ils délèguent leurs représentants, hommes et femmes, élus démocratiquement, à tous les échelons et dans tous les offices où se fait la prise de décision, et que leur voix ait le même poids décisionnel que celle du pouvoir ecclésiastique ordonné »

« Jusque-là la mise en route des changements sera rude sans paraître absolument impossible. Mais il faudra vite remonter plus haut encore. Quand on observe, en effet, comment travaillent de nos jours les évêques de France, et d'ailleurs, on voit mal un évêque prendre isolément des mesures aussi nouvelles, sinon révolutionnaires, que celles que nous envisageons sans en discuter avec ses collègues des diocèses voisins et, très vite, avec l'ensemble des évêques français en vue de parvenir à un consensus. Il faudra du coup organiser la représentation responsable du laïcat au niveau national. D'ailleurs cela s'avérera nécessaire du seul point de vue missionnaire …….. parce que la prise en compte de toutes les données d'un problème, dès lors que la mission est conçue en termes de service du monde, exige la visée de l'universel, la visée des divers aspects, culturel, économique, politique, du service qu'on voudra rendre pour témoigner de l'Évangile au niveau d'une Église nationale ».

è    La possibilité des changements

« Quant à la possibilité concrète de voir se réaliser de tels changements et se mettre en place des structures nouvelles en toute tranquillité et dans un délai raisonnable, il est honnête de dire qu'elle est nulle, tant cela exigerait de déstructurations radicales. Cela mérite un mot d'explication. »

« Le motif de déclarer forfait dès qu'on s'élève au-dessus du local dans la voie des restructurations est simple et impérieux : la conception et l'organisation du pouvoir dans l'Église étant ce qu'elles sont, on ne voit aucun responsable diocésain oser prendre des décisions du genre de celles que j'ai évoquées sans l'aval de la Conférence nationale des évêques de France, et il en irait de même en d'autres pays, et on ne voit pas davantage ladite Conférence s'emparer du problème sans en référer d'abord à Rome ; à vrai dire, je ne la vois même pas oser le porter à Rome, tellement elle serait sûre d'avance du résultat négatif de sa démarche, ou plutôt parce qu'elle lui aurait spontanément opposé le refus qu'elle recevrait de Rome si d'aventure elle lui soumettait de telles propositions »

« Pourquoi, dans ce cas, me suis-je permis d'y penser ? Parce que je disposais de l'éclairage et de l'appui du Nouveau Testament en son entier et de la tradition primitive de l'Église. Mais le magistère romain a pour habitude et pour règle d'interpréter la révélation du point de vue souverain de sa tradition propre, celle des conciles et des déclarations pontificales. À vrai dire, cette tradition, telle qu'elle s'énonce aujourd'hui, ne remonte pas en­ deçà de la réforme grégorienne du 11ème siècle qui a établi la suprématie du pouvoir sacré et spirituel sur le pouvoir laïc et profane. Mais qu'importe ! La papauté, arc-boutée sur la parole de Jésus qui confie son Église à Pierre (Mt 16,18), se voit instituée par lui seul juge suprême de la révélation, seul guide des destinées de l'Église qu'elle gouverne par le moyen du pouvoir épiscopal et sacerdotal, qui a sa source dans le Christ. Qu'importe que Jésus ait prononcé une seule fois le mot Église pour évoquer le Royaume des cieux (Mt 16,19), qu'il n'ait envisagé de pouvoir chez ses apôtres que sous le mode du service le plus humble (Mt 20,26), qu'il ne soit question de sacerdoce dans le Nouveau Testament qu'à propos du peuple chrétien (1 P 2,5), qu'importe tout cela : il n'est de vie et de pouvoir dans l'Église que grâce à la transmission du sacerdoce. S'il vient à tarir, l'Église est vouée à dépérir. On comprend que les évêques, affolés, aillent chercher des prêtres aux quatre coins du globe, tandis que d'autres songent à l'ordination d'hommes mariés, mais ce n'est et ne pourra être que des remèdes de fortune. Alors comment pourrait-on donner la priorité à l'annonce de l'Évangile au monde sécularisé quand l'Église n'est préoccupée que de survivre et paraît condamnée à brève échéance ? »

« Voilà pourquoi il est vain de penser que l'Église puisse changer ses structures : il lui faudrait se déjuger sur trop de points capitaux à ses yeux. Tout ce qu'on peut espérer, c'est que, lorsqu'elle sera à bout de ressources, l'Esprit Saint lui fera voir qu'elle détient dans l'Évangile toute possibilité pour s'innover sans avoir à se renier. Mais devra-t-on attendre pour cela d'être au bord du gouffre ? Non, je voudrais vous laisser sur une parole d'espérance, mais elle ne peut être que rude. S'il y a un motif d'espérer contre toute apparence, c'est de miser sur l'Évangile, non sur la religion. C'est ce que nous avons fait, et c'est sur ce terrain-là qu'il est possible de mettre en œuvre un début de changement ».

è    Pour un début de changement

« J'achèverai donc ma réflexion, mais il vous reviendra de la poursuivre, en ébauchant ce que pourrait être la mise en chantier d'une politique de réformes structurelles, ce que j'ai appelé voici quelques instants une pastorale du changement à petits pas de travers et de côté, je veux dire en procédant modestement et patiemment, en faisant de petits écarts par rapport aux règles habituelles, pas graves mais renouvelés, en laissant mourir quelques traditions vieillottes, en faisant des innovations audacieuses, sans provocation mais soutenues, en prenant des initiatives, en osant, encore et encore. »

« La première chose sera de faire exister une communauté, même réduite à quelques chrétiens, là où il y avait auparavant une paroisse, maintenant rattachée à un plus vaste ensemble. Cela ne représente pas une innovation bien audacieuse, car cela se fait en maints endroits. Mais ce sera un premier acte créatif la première marque de la volonté de laïcs de prendre en charge leur vivre-en-Église, de prendre la responsabilité d'un lieu pour y donner de la visibilité à l'Évangile, et ce sera aussi un premier acte de rupture, non avec les autres chrétiens du regroupement inter-paroissial ni avec les prêtres responsables du secteur, mais avec la passivité de brebis satisfaites d'aller au bercail, satisfaites de la nourriture que d'autres leur ont préparée, un petit accroc dans un organigramme officiel et traditionnel. »

« Ensuite, il faudra vite afficher la spécificité de cette petite communauté, sa raison d'être, à savoir d'être organisée en vue d'un partage d'Évangile. Un programme d'étude devra être établi, une méthode de travail, un calendrier des rencontres. Ce sera aussi un lieu de prière, dont le genre se précisera peu à peu, adapté au partage d'Évangile ; et il sera important que vous preniez ainsi la responsabilité de votre vie spirituelle, que l'Évangile devienne pour vous le lieu de votre rencontre avec Jésus, et pas seulement un objet d'étude. »

« Une autre étape importante sera d'affiner et d'activer le profil missionnaire de la communauté. II y aura à discerner les problèmes qui doivent mobiliser par priorité votre activité missionnaire, non des problèmes religieux, mais humains, quoique discernés à la lumière de l'Évangile »

« Et je passe vite à une troisième étape. Dès qu'une communauté de ce type aura été formée sur un secteur paroissial, ou du moins dès qu'elle aura acquis assez d'expérience, elle devra se préoccuper d'essaimer, de susciter la création d'une autre communauté, et d'autres ensuite sur le même secteur. À mesure que s'accroîtra le nombre des communautés sur un même secteur, que s'élargira le champ de leurs activités missionnaires et que leur nature se diversifiera, des problèmes se poseront, qui réclameront de nouveaux pas de côté et de travers. La responsabilité étendue des laïcs appellera leur représentation dans les instances dirigeantes du secteur, et il s'ensuivra un partage du pouvoir clérical. Les communautés du secteur voudront se réunir entre elles et célébrer leur union en corps du Christ ; cela commencera par se faire sous l'ancien modèle des Assemblées dominicales en l'absence de prêtre (ADAP), et cela évoluera sous forme de nouvelles liturgies eucharistiques, car pourra-t-on refuser à une communauté l'aliment naturel et nécessaire de la vie chrétienne, le signe d'identité et de partage sous lequel est né le christianisme ? »

« Cette évolution ne se fera pas sans heurts, sans bousculer les us et coutumes des fidèles et le positionnement réciproque des clercs et des laïcs. Que peut-on attendre d'autre ? Que le changement se fasse par en haut ? J’ai dit pour quels motifs il est impossible que le pouvoir suprême de l'Église aille à l'encontre de la tradition qui l'a mis en place, et a-t-on jamais vu où que ce soit une administration se saborder pour se réformer ? Espérer un revival des vocations sacerdotales ? Une société qui ne produit plus de prêtres est une société qui ne désire plus se reproduire sur le modèle de son passé religieux. Quand on aura renoncé à ces vains espoirs, il paraîtra évident que le changement ne pourra venir que d'en bas, et quand des laïcs chrétiens l'auront amorcé, poussés par le souffle de l'Esprit, l'ensemble de l'Église saura y reconnaître la voie de son salut. »

« La société aussi, l'Esprit nous en donne l'espérance. Car elle n'a rejeté si globalement le christianisme que sous son visage religieux et autoritaire, qui voilait sa réalité évangélique. Mais le christianisme se présentera sous un jour tout différent, quand les laïcs y occuperont le devant de la scène, avec une légitimité reconnue, et qu'ils travailleront à restaurer le sens de l'humain dans le monde. On ne pourra plus dire que l'Église est l'ennemie de la liberté, ni qu'elle cherche à régenter la société, ni qu'elle ne s'intéresse qu'aux choses du ciel, et la religion chrétienne paraîtra en tant que telle toute changée, quand de nombreuses fonctions réservées aux clercs seront exercées par des laïcs. Le pouvoir, partagé, aura changé de nature, il sera devenu un service, conformément à la volonté de Jésus. Notre société pourra alors reconnaître dans le christianisme les mêmes idées à cause desquelles elle l'avait rejeté, le vrai humanisme dont l'Évangile est la source. Et on ne pourra plus dire, comme nous l'avons lu, que le christianisme est moribond et suicidaire, quand l'Esprit de l'Évangile lui aura donné une vitalité nouvelle par la libération de son laïcat. »

« Rêverie, crédulité aveugle, ou optimisme béat ? Rien d'autre qu'une tremblante espérance. »

 

 

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  • Mardi 8 mai Nantes. A. Soupa : Quelques femmes de la Bible ? Horaire à préciser.

  •   Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 15-04-2012 à 13h58

     Colloque interreligieux à Fontevraud Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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    Sens et urgence du dialogue interreligieux

    Colloque organisé à Fontevraud dimanche 25 mars 2012

     

    L'association Tibhirine, qui initie des actions interreligieuses avec le souci permanent du

    dialogue et de la tolérance, organise à l'Abbaye de Fontevraud, le 25 mars prochain, un

    colloque intitulé « sens et urgence du dialogue interreligieux ».

     

    Dans le contexte actuel de polémique nationale, et parce que la question de la laïcité et

    des religions ne doit pas être éludée, l'urgence de ce dialogue interrligieux,

    nécessaire au développement de la concorde entre les communautés et à la

    cohésion sociale dans les cités, s'impose à tous, convaincus que cette action

    de terrain contribue grandement au vivre ensemble.

     

    « J'ai souhaité associer la Région des Pays de la Loire à cette initiative, et je

    serai présent avec Jean-Claude Boulard, le maire du Mans et Etienne Pinte,

    député des Yvelines, pour évoquer le rôle possible des collectivités publiques

    dans ce dialogue » explique Jacques Auxiette, président de la Région.

     

    Cette première manifestation interreligieuse régionale, qui constitue, hors

    Alsace, une première en France, « se veut largement ouverte aux hommes et

    aux femmes de bonne volonté, incluant des personnalités civiles, religieuses

    et des associations déjà engagées dans cette démarche » commente Jacques

    Hubert, le président de l'association Tibhirine. « Elle permettra d'appeler à

    agir dans le sens de la connaissance partagée, du respect mutuel et de la

    Paix. »

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    TIBHIRINE

    Association pour le Dialogue     Interreligieux

    Tibhirine, association loi 1901 a été créée en 1996 après l'assassinat des sept moines du

    monastère algérien qui porte ce nom.

     

    Son objectif est :

    (art.2 des Statuts) «… dans l'esprit de la démarche des moines de Tibhirine, de susciter,

    mettre en place et pérenniser les conditions d'un dialogue permanent entre les

    différentes religions y compris avec les hommes en recherche spirituelle ne se rattachant

    à aucune religion, permettant de vivre ensemble une "pluralité véritable" ».

     

    Outre la participation de l'association à diverses rencontres locales, nationales ou

    internationales, outre l'organisation de forums de paix, de conférences, de marches

    interreligieuses, de concerts… le temps fort de Tibhirine est la rencontre spirituelle

    ouverte à tous, le premier mardi de chaque mois à Nantes Salle La Fontaine à 19 heures.

    Un bulletin mensuel est édité et diffusé à l'ensemble des adhérents et partenaires, un

    site internet est accessible à tous pour suivre les actualités de l'association

     

    Notre ami, Mgr Claude RAULT, Evêque de Laghouat au Sahara (auteur de : " Désert, ma cathédrale " ed.  DDB 2008) et fondateur, avec Christian de CHERGE, du RIBAT ES SALAM, nous a envoyé, le 12 mars     2012, la déclaration suivante :

    Cher Jacques,

    Comme je suis en partance pour le Mali, je serai à Bobo-Dioulasso le 25 mars. Je suis heureux qu'Armand    GARIN puisse être des vôtres. De tout coeur avec vous. Bravo pour le programme ! Voici mon petit    texte :

    Bien chers amis, participantes et participants au Colloque.

     

    Votre présence à ce Colloque est bien le signe de l'urgence du Dialogue. De croyances différentes, vous   continuez de jeter des ponts entre communautés pour une terre plus humaine.

     

    Cette démarche que vous faites est importante non parce que vous voulez faire nombre mais parce   que vous croyez qu'une Terre humaine est possible. Plus de quarante années de présence en Algérie    me poussent à croire que la convivialité dans la différence est la direction à prendre.

    Continuez, persévérez, soutenez-vous les uns les autres sans jamais vous lasser. Non seulement dans   les colloques mais dans la vie quotidienne.

    Dialoguer, aller à la rencontre de l'autre sans autre désir que celui de mieux le connaître est un chemin   de paix tracé dans notre société trop souvent manipulée par des caricatures et des fausses idées qui   tuent.

    Croyez à la vie, à la joie de la rencontre de l'autre dans sa différence. Oui, persévérez, croyez en la   force de la Vie, de l'Amitié, et de l'Amour partagé.

    Mon regret est de ne pouvoir être des vôtres. De tout coeur avec vous pour une Terre toujours plus   humaine, donc plus à l'image de ce que Dieu la désire.

    Claude Rault. Ev.

      Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 09-04-2012 à 19h15

     SEL 85 : mars 2012 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

    Après la rencontre du nouveau « SEL 85 », le 17 mars 2012  plusieurs participants ont  bien voulu partager leurs réflexions :

    Daniel H. : J'ai entendu avec intérêt le témoignage sur les paroisses de St Florent (et La Bruffière,  Les Sables…)

    Ce mouvement de restauration qui se confirme ainsi est plus qu'inquiétant La situation paroissiale de Montaigu est plus « centriste » mais assez inodore et sans saveur.  Mal à l'aise dans cette Eglise institutionnelle, je me situe sur le parvis.

    Comme d'autres, je picore ça et là du « spirituel » : Groupe type CCB(La Pause), Associations d'inspiration chrétiennes, Groupe Œcuménique(Chantonnay) et conférences…

    Je participe à de trop rares mais très riches célébrations.

    Même à voilure réduite voire très réduite, je pense que le maintien du SEL85 est important.

    Il peut, entre autre, être un outil de mise en réseau.

    Je trouve excellente la suggestion de tenter de mettre en relation les militants des nombreuses associations ou mouvements chrétiens progressistes.

    La réalisation est certainement difficile (moyens réduits) mais même à objectif et vitesse réduite cela ne peut que nous renforcer mutuellement par le partage, l'écoute et la création de liens.

    NDLR : Daniel accepte la diffusion des Info. par courrier postal à ceux qui n'ont pas accès à Internet

    Bernard P. : Voici deux réunions ou nous débattons, à partir de cas concrets, de " l'évolution " de la hiérarchie catholique qui semble remettre en cause Vatican ll. Malgré les apparences: participation de l'évêque à la marche oecuménique - conférence-débats sur Vatican ll ..., nous assistons dans plusieurs paroisses au retour de pratiques d'Eglise ( latin - non prise en compte des propositions de laïcs - sermon déconnecté de la réalité...)qui nous inquiètent mais...qui font des adeptes chez les plus jeunes.

     

    Autour de nous, d'autres chrétiens sont préoccupés par cette évolution. Comme nous, ils la regrettent et aimeraient pouvoir se faire entendre. Bien que, pour la plupart, nous appartenons à des mouvements ou groupe de chrétiens, nous nous sentons isolés, impuissants face à la hiérarchie.

     

    A notre prochaine rencontre, nous pourrions inviter les anciens du SEL et autres laïcs et prêtres qui ont fait le choix de poursuivre leur engagement de chrétiens dans d'autres structures mais qui serraient peut être intéressés, au moins une fois, de partager nos préoccupations face à ce que beaucoup d'entre nous considèrent comme une dérive de l'Eglise.

     

    L'ordre du jour de cette rencontre pourrait-être:

     

    -Tour de table ou chacun exprime ce qu'il vit, comme paroissien, comme membre d'une équipe de chrétiens...par rapport à cette apparente volonté de la hiérarchie vendéenne de l'église de revenir aux pratiques d'avant Vatican ll.

     

    -Comment peut-on mieux se faire entendre: par les médias ? en nous regroupant ? en interpellant la hiérarchie ?...

     

    -Notre fonctionnement actuel est-il adapté à ce que nous souhaitons être en Eglise ?

     

     

     Joseph B : Un certain nombre de chrétiens de Vendée s'interrogent sur les orientations du diocèse, ils en souffrent. Le SEL 85 pourrait être un lieu de parole, d'écoute... comment les rejoindre ?

     

    Jean Pierre O :Quelques mots pour donner mon ressenti à propos de la dernière réunion du SEL et comment je vois son évolution.
    Le témoignage des chrétiens confrontés au mouvement de restauration dans
    l'Eglise m'a touché.Je pense que le SEL peut être le lieu  permettant
    à ces chrétiens de partager leurs difficultés et lieu de recherche pour
    élaborer une réponse à cette situation de plus en plus courante. Cette
    réponse est elle dans l'Eglise? J'en doute mais il est possible que
    certains en conditions favorables puissent s'y essayer. Je pense que
    nous aurons à créer et à animer des lieux partage, voir  de célébration
    de type Communautés de base ou équipe d'action catholique car après tout
    Nous Sommes Aussi l'Eglise. C' est pourquoi la proposition de faire du
    SEL le lieu de rencontre de tous ces mouvements progressistes , ou de
    leurs membres intéressés par cette problématique , me parait tout à fait
    justifiée. Restera à trouver  les personnes disponibles pour animer cela
    mais si un élan est donné   tout est possible!
     
    Jean-Luc H : Si quelques uns en ont l'énergie ( et l'esprit d'organisation ), qu'ils fassent redémarrer SEL 85, comme instance de rassemblement des indignations.

    Mais, de même qu'en politique c'est poudre aux yeux que de focaliser uniquement

    (et encore !) sur la crise économique, alors que ce sont des enjeux écologiques

    qui  décident de la vie ou de la mort de nos arrière-petits-enfants,

    de même ce serai temps perdu pour SEL 85 que de trop s'impliquer

    dans la lutte contre la Restauration du Diocèse, en ne questionnant pas

    le sens de la Religion et des représentations de Dieu, qui nous gouvernent au fond.


    Francine T : Suite à la réunion, les mails ci-dessus et différentes rencontres

    de ces derniers jours, il me semble important :

    Que les chrétiens qui le souhaitent aient la possibilité d'en rencontrer

    d'autres pour partager leurs inquiétudes, analyser les  situations,

    chercher des solutions pour améliorer ce qui de l'avis de plusieurs

    ne convient pas, mettre en œuvre des projets avec des personnes

    ayant la possibilité de s'y investir.

     

    Les chrétiens de SEL85 s'étaient regroupés en réaction à la destitution

    de Jacques Gaillot. La majorité d'entre eux ont ainsi choisi de vivre une

    forme d'exclusion de leur Eglise catholique romaine pour rester

    fidèles au message de l'Evangile qu'ils avaient perçu.

    Quelques années plus tard de nombreux autres chrétiens, vivant

    différentes formes d'exclusion, ont choisi de se solidariser en créant

    les Réseaux des Parvis, qui regroupent actuellement une

    cinquantaine d'associations ou groupes, parmi lesquelles SEL85 a

    tout naturellement trouvé sa place. On y trouve des personnes

    en situation d'exclusion pour l'Eglise catholique romaine hiérarchique.

    Prêtres mariés,  divorcés remariés, couples homosexuels, compagnes

    de prêtres, théologiens, théologiennes, laïques formés, en particulier

    des femmes, qui se trouvent de fait exclus car ne pouvant accéder

    aux fonctions ou responsabilités qui pourraient être les leurs dans leur Eglise

                Au début ces chrétiens pensaient que le fait de se regrouper leur permettrait

    de faire évoluer cette Eglise. Ils souhaitaient la voir s'adapter à notre monde

    en évolution, en y développant des pratiques évangéliques d'accueil,

    de respect des personnes, de solidarité, de démocratie…, ces valeurs ayant bien

    sur à s'exprimer dans une organisation et des liturgies renouvelées !

    Une dizaine d'années plus tard, il fallut bien constater que l'Eglise catholique

    n'avait pas évolué dans le bon sens, bien au contraire…

                Mais ce ne fut pas forcément le cas pour les catholiques,

    si beaucoup ne vont plus à la messe, ils n'ont pas pour cela perdu la foi.

    Au contraire, beaucoup ont retrouvé leur Source. Ils  partagent en petits groupes

    leurs questions et réflexions en lisant ensemble la Bible ou en célébrant autrement.

    Ils se forment au cours de WE, de sessions, de lectures ou avec Internet.

    Beaucoup se sont engagés pour plus de justice, auprès des plus pauvres,

    des migrants ou en vue d'une politique humaniste pour notre monde.



                Ces dernières années des catholiques, bien intégrés dans leur Eglise,

    et refusant de s'en laisser exclure, réagissent aussi et s'organisent.

    Deux femmes, Anne Soupa et Christine Pedotti sont ainsi à l'origine

    d'une revalorisation des baptisé-e-s et de leur responsabilités de « prêtres,

    prophètes et rois ».

     Dans de nombreux diocèses des fidèles réagissent aux actions

    conservatrices ou réactionnaires de leur évêque et de leur Eglise.

                Ces mouvements internes à l'Eglise catholique ne peuvent que réjouir

    les chrétiens du Parvis, donc de SEL85, d'autant que de riches relations

    humaines existent souvent entre ceux « du dedans, du dehors ou de la porte ! »

                Faut-il envisager, pour plus d'efficacité, des actions communes ?

    ou s'entre aider à être fidèle à sa propre vocation, chacun à sa place ?

     

    Ce sont des questions auxquelles nous pourrions essayer de répondre

    lors de la prochaine réunion prévue :

     

    Samedi 5 mai à 14h30 centre St Hilaire à La Roche sur Yon

     

    Invitons au maximum nos amis concernés.

    Nous pourrions aussi utiliser Internet pour amorcer la réflexion,

    donner son point de vue, en particulier si on ne peut pas participer le 5 mai.

     

     

      Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 09-04-2012 à 15h35

     Après les évènements de Toulouse Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

     

    Le texte qui suit a été lu aux Sables lors de la récente rencontre "Dialogue pour la paix" du pays des Olonnes . 

    Ce texte du MAN (Mouvement pour une Alternative non violente)  est de Jean Marie Muller  (photo ci-dessus).*

    ----------------------------------------------------------------------------------------------- 

    À propos des crimes commis par Mohamed Merah

     

    NOUS AUTRES MEURTRIERS

    « Tu tues mes frères, je te tue. » a dit Mohamed Merah en référence à la présence française en Afghanistan (propos rapportés par le procureur de Paris chargé des investigations), avant de tirer à bout portant sur Imad Ibn Ziaten (30 ans, d'origine marocaine et de confession musulmane). Celui-ci meurt aussitôt d'une balle dans la tête. C'était le 11 mars dans un parking dans la banlieue de Toulouse. La victime était un soldat. Maréchal des logis chef, il avait servi sur plusieurs théâtres extérieurs, mais non pas en Afghanistan.

    Quatre jours plus tard, le 15 mars, non loin de la caserne du 17e régiment parachutiste de Montauban, deux soldats, le caporal Mohamed Legouad (28 ans, de confession musulmane) et le 1ère classe Abel Chennouf (25 ans, d'origine kabyle et de confession catholique, ayant servi en Afghanistan), sont tués par un tireur circulant sur scooter bleu. Un troisième, Loïc Liber (28 ans, guadeloupéen de religion catholique) est grièvement blessé. Le tueur repart en criant : « Allah Akhbar !».

    Le lundi 19 mars, à Toulouse, un homme circulant sur un scooter blanc s'arrête devant le portail du collège-lycée juif Ozar-Hatorah, tire sur Jonathan Sandler, un professeur  de 30 ans, et ses deux fils, Arieh, 6 ans, et Gabriel, 3 ans. Tous trois sont mortellement blessés. Pénétrant dans la cour de l'école, l'homme attrape une fillette par les cheveux et lui tire une balle dans la tête. Il s'agit de Myriam Monsenego, la fille du directeur de collège-lycée. Un jeune garçon de 17 ans est gravement blessé. Le tueur regagne son scooter et repart. L'horreur absolue.

    Le 22 mars à 11h30, Mohamed Merah, vêtu d'une djellaba noire, meurt comme il l'a souhaité, « comme un combattant, les armes à la main », tué par les tirs des policiers du Raid qui assiégeaient son appartement depuis 32 heures. Ils ont pour mission de le capturer vivant. « Si c'est vous, leur a dit l'homme assiégé, tant pis pour vous. Si c'est moi, tant pis, j'irai au paradis. » « Nous avions affaire, dira le procureur de Paris, à quelqu'un de très déterminé. » La mission a échoué. La justice ne sera pas rendue.

     

    Ces meurtres d'innocents commis froidement par Mohamed Merah ont soulevé en France et partout dans le monde un immense mouvement d'émotion et d'indignation. Comment ne pas ressentir une réelle souffrance face à une telle tragédie ? Oui, ces meurtres sont in-dignes, ig-nobles, in-acceptables, in-tolérables, in-justifiables. Au sens strict de l'expression, ces meurtres sont des crimes contre l'humanité.

    Nombre de commentateurs ont renchéri pour condamner les agissements de ce criminel, de cet assassin, de ce fanatique, de ce fou, de ce barbare, de ce malade mental, de ce psychopathe, de ce sadique, de ce détraqué, de ce désaxé, pour tout dire de ce « monstre » (La première  définition que le Petit Robert donne ce mot est celle-ci : « Être animal fantastique et terrible ».) Et il n'y aurait rien d'autre à dire. Sur ce registre, Nicolas Sarkozy s'est montré particulièrement éloquent : « Je  ne pense pas, a-t-il déclaré le 26 mars, que la présence d'un homme aussi inhumain, barbare, monstrueux a quelque rapport avec nos sociétés ». Est-ce si sûr ? Ce discours explicatif psychologisant qui vise à déshumaniser un ennemi public pour mieux le condamner, s'il peut apparaître pratique, est trop facile, trop simple pour être satisfaisant. S'en  tenir à ce discours, n'est-ce pas mésestimer sinon ignorer les éléments explicatifs politiques, idéologiques et  religieux qui peuvent rationaliser l'action violente fut-elle criminelle, fut-elle, osons le mot  « terroriste[1] » ?

    Chacun d'entre nous pourrait être tenté de croire faire preuve d'humanité en multipliant les accusations et les condamnations en voulant dénier toute humanité à Mohamed Merah. Si nous n'y prenions garde, chacun de nous pourrait se donner bonne conscience en voulant exclure, retrancher cet homme de notre commune humanité. Chacun pourrait  croire qu'il attesterait de son innocence en accablant le coupable et en l'enfermant dans cette condamnation. Mais, en réalité, chacun ne ferait preuve que de son ignorance.

    Ne devons-nous pas tenter de réfléchir au-delà de notre indignation, tenter de faire œuvre de raison au-delà de l'émotion ? Afin précisément que cela ne se reproduise pas. Cette violence qui nous indigne, nous scandalise et nous révolte à juste titre n'est-elle pas une excroissance de multiples violences qui ne nous indignent pas, ne nous scandalisent pas et ne nous révoltent pas parce qu'elles sont recouvertes par de multiples justifications offertes par l'idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable qui domine nos sociétés ?

    Faut-il refuser d'entendre et d'écouter Mohamed Merah lorsqu'il nous dit qu'il a exécuté ses victimes pour protester contre la guerre en Afghanistan et pour venger les enfants palestiniens tués à Gaza ? Cependant l'entendre et l'écouter, ne serait-ce pas commencer à l'excuser ? Or cela nous ne le pouvons d'aucune manière : ces meurtres doivent demeurer sans excuse d'aucune sorte. Car il faut le dire et le redire, jamais le meurtre d'enfants innocents ne peut excuser le meurtre d'autres enfants innocents. Faut-il pour autant refuser de tenter de comprendre ce qui a conduit cet enfant de nos cités, mais qui est davantage l'enfant des prisons de la République que de ses écoles, à devenir le meurtrier de soldats qui auraient pu être nos fils, nos frères ou nos amis, le meurtrier d'enfants qui auraient pu être nos enfants ? N'est-ce pas aussi un devoir d'humanité que de vouloir comprendre ?

     

    Le 19 mars, Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères, a déclaré à l'issue d'une conférence sur l'avenir de la jeunesse palestinienne : « Quand nous pensons à ce qui s'est passé aujourd'hui à Toulouse, quand nous nous souvenons de ce qui s'est passé en Norvège il y a un an, quand nous savons ce qui se passe à Gaza et dans d'autres partie du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie. » Catherine Ashton ne compare ces situations assurément fort différentes que parce qu'elles concernent toutes des meurtres d'enfants. Cependant, ces propos ont été jugés parfaitement scandaleux et révoltants par les dirigeants politiques israéliens. Le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a estimé que Mme Ashton ferait mieux de se préoccuper « des enfants qui vivent dans le sud d'Israël avec la peur constante des attaques à la roquette de Gaza ». Sans aucun doute, ces enfants israéliens méritent aussi notre compassion. Mais, face à la souffrance des enfants, celle-ci ne saurait être sélective.

    Pour ma part, j'ai toujours pensé que les tirs de roquette effectués de Gaza ne contribuaient pas à rendre justice aux Palestiniens. C'est ainsi que j'écrivais le 26 février 2008 :

    « Comment ne pas vouloir comprendre que les quelques roquettes artisanales lancées depuis Gaza sur le territoire d'Israël ne peuvent avoir d'autre efficacité que de provoquer un surcroît de violence de la part des Israéliens. La violence n'est pas une fatalité. Elle n'impose jamais d'elle-même ses lois. Mais, dès lors qu'on l'a choisie, ses lois sont implacables. Inflexibles. Accablantes. Cruelles. Féroces. Inhumaines enfin. Je pense qu'il est de la responsabilité de ceux qui entendent affirmer leur solidarité avec les Palestiniens de dire cela haut et fort. »

    Dans un post-scriptum, je rendais compte des événements qui étaient survenus les jours suivants : « Dans la matinée du 27 février, un raid israélien frappe un minibus de la branche armée du Hamas à Khan Younès au sud de Gaza, tuant cinq Palestiniens et blessant un sixième. Un second raid mené sur le même site quelques minutes plus tard fait trois blessés. Le même jour, une roquette de la résistance est tirée de la bande de Gaza et frappe de plein fouet le collège Sapir, au nord de la ville de Sdérot et tue un Israélien. C'est le premier mort israélien depuis la prise de pouvoir par le Hamas à Gaza en juin 2007. Ce tir de roquette, affirme un communiqué du Hamas, est « une réponse au massacre sioniste commis par l'aviation israélienne ce matin à Khan Younès ». Peu après, deux Palestiniens sont tués et deux autres blessés dans un nouveau raid israélien au nord-est de la ville de Gaza. Le 28 février, plusieurs raids de l'aviation israélienne sont menés sur Gaza. En deux jours, trente et un Palestiniens sont tués, dont quinze civils parmi lesquels huit enfants dont un bébé de six mois. (…)  Et chacun des deux camps ennemis va continuer à justifier ses meurtres par ses morts[2]. » Est-il possible de suggérer que le ministre israélien des affaires étrangères devrait aussi se préoccuper de ces enfants palestiniens tués à Gaza ? N'étaient-ils pas aussi innocents que les enfants juifs tués à Toulouse ? Et pourtant qui, en France, s'est scandalisé face à ces meurtres d'enfants palestiniens ? Qui, aujourd'hui en France, s'indigne face à la situation d'injustice gravissime subie par le peuple palestinien ? Faut-il donc refuser obstinément de reconnaître le lien d'humanité qui reliait Mohamed Merah aux enfants meurtris de Palestine ? Est-ce vraiment scandaleux de reconnaître à ce lien une dimension politique ?

     

    Philippe Faucon est le réalisateur du film « La Désintégration » qui décrit le basculement de trois jeunes de Lille dans le terrorisme islamiste. Dans une interview au journal Le Monde (26mars 2012), il disait à propos des meurtres commis par Mohamed Merah : « Il y a une chose que je voudrais livrer à notre réflexion à tous, à partir de l'expérience de « La Désintégration ». La question des enfants palestiniens tués à Gaza, je l'ai souvent entendu évoquer, avec colère et violence, par des jeunes que j'ai rencontrés lors du tournage du film. Ces jeunes avaient presque toujours le sentiment que ces victimes-là n'ont pas droit de cité. Ont-ils ce sentiment à tort ou à raison ? » Le cinéaste précisait que l'une des enseignantes qu'il avait consultée lors du tournage du film lui avait confié que, dans sa classe, la majorité des élèves n'avait pas accepté d'observer une minute de silence en mémoire des enfants tués par Mohamed Merah, en répondant qu'il aurait fallu faire de même pour les enfants tués en Palestine. Rappelant que Nicolas Sarkozy avait dit que « Mohamed Merah était un monstre et qu'il n'y avait rien d'autre à comprendre de son parcours », Philippe Faucon ajoutait : « Ce qu'a fait Mohamed Merah est effectivement monstrueux. Mais ce n'est pas en se limitant à dire cela qu'on évitera que cela se  reproduise. (…) Il suffit d'aller voir sur les sites de vidéos, où l'on trouve des images d'enfants tués à Gaza, et de parcourir les réactions qu'elles suscitent, pour prendre la mesure de toute la violence qui peut être en germe. »

    S'agissant de la guerre en Afghanistan, tous les observateurs avertis reconnaissent « l'enlisement », « l'embourbement » de l'action militaire de la coalition occidentale. Le 26 août 2008, l'enquête de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a affirmé avoir « trouvé des preuves convaincantes, fondées sur le témoignage de  témoins visuels, et d'autres, que 90 civils ont été tués, dont 60 enfants. » Le 11 mars 2012, un soldat américain tue 16 civils dont neuf enfants dans deux villages de la province de Kandahar. Le président Hamid Karzaï a déclaré au sujet de ce massacre : « C'est un assassinat, le meurtre intentionnel de civils innocents. »

    Il est urgent de se demander si la violence aveugle des bombardements et des tirs meurtriers de la coalition occidentale est de nature à faire prévaloir les valeurs universelles de la civilisation sur les forces de la barbarie. Quel message l'Occident fait-il parvenir au peuple des humiliés en lançant ses bombes et en tirant ses balles tueuses d'enfants sur les maisons afghanes ?

     

    L'élément religieux a souvent été mis en avant dans le dossier de Mohamed Merah. Il est en effet établi que celui-ci se référait à un islamisme radical. Dès lors, sa croyance religieuse ne peut pas ne pas être prise en compte dans l'effort de compréhension de son geste. Sans aucun doute, la première précaution doit être d'éviter tout amalgame qui conduirait à stigmatiser nos concitoyens de confession musulmane en les suspectant tous de justifier la violence terroriste. Nombre de musulmans ont une vision pacifiée de l'islam. De même, il nous faut redoubler de vigilance pour éradiquer l'antisémitisme dont les racines sont toujours vivantes au sein de notre société.

    Cependant, l'histoire d'hier et d'aujourd'hui atteste que les religions, toutes les religions, donc l'islam comme le judaïsme et comme le christianisme, ont pactisé avec l'idéologie de la violence en construisant des doctrines de la violence légitime et des théologies de la guerre juste. En de nombreux versets, la Bible et le Coran laissent croire que Dieu lui-même s'accommoderait de la violence et du meurtre. Le registre explicatif de la religion doit donc être aussi étudié pour tenter de comprendre les agissements de Mohamed Merah. L'islam n'est pas l'islamisme, mais l'islam ne saurait être entièrement dédouané de l'islamisme. Il ne suffit pas d'affirmer que le judaïsme, le christianisme et l'islam sont des religions de paix. Le fait est qu'elles sont aussi des religions de guerre. Tout au long des siècles, les religions n'ont pas eu le courage spirituel de se mettre en règle avec le meurtre. Pour pacifier l'avenir de nos sociétés, il est urgent de désarmer les religions et les théologies. Il est urgent de désarmer les dieux[3].

     

    Il est précieux aujourd'hui de relire et de méditer Albert Camus. Notre monde, affirme-t-il, est « le monde du meurtre ». Dans Nous autres meurtriers, Camus écrit que le seul combat qui vaille est de lutter contre le meurtre. « Il n'y a qu'un seul problème aujourd'hui qui est celui du meurtre. Toutes nos disputes sont vaines. Une seule chose importe qui est la paix. Les maîtres du monde sont aujourd'hui incapables de l'assurer parce que leurs principes sont faux et meurtriers. Que du moins, et dans tous les pays, ceux qui refusent le meurtre se réveillent, dénoncent ces faux principes. » Il insiste : « Ceux qui ne veulent pas tuer doivent parler et ne dire qu'une seule chose, mais le dire sans répit, comme un témoin, comme mille témoins qui n'auront de cesse que lorsque le meurtre, à la face du monde, sera répudié définitivement[4]. »

    Dans un autre texte, Sommes-nous des pessimistes ?, Albert Camus écrit : « Les gens croient qu'ils ont assez fait pour le bien de l'homme en ne tuant personne directement et en s'efforçant de ne mentir que le moins possible. (…) Ceux qui vivent dans un pareil monde sans le condamner de toutes leurs forces (c'est-à-dire presque tous) sont à leur manière, aussi meurtriers que les autres ». Quant aux réalistes, ils « n'entreprennent aucune tâche qui soit vraiment importante ou vraiment humaine, c'est ainsi que même sans le vouloir, ils consacrent le monde du meurtre[5] ».

     

    Il nous faut également relire et méditer le merveilleux poète libanais Khalil Gibran. Lorsqu'un des juges de la cité d'Orphalese demande au prophète Alamustafa de parler de « Crime et de Châtiment », il répondit, disant :

    « Souvent je vous ai entendu parler de celui qui commet une mauvaise action comme s'il n'était pas l'un des vôtres, mais un étranger parmi vous et un intrus dans votre monde.

    Mais je vous le dis, de même que le saint et le juste ne peuvent s'élever au-dessus de ce qu'il y a de plus élevé en chacun de vous,

    Ainsi le mauvais et le faible ne peuvent tomber au-dessous de ce qu'il y a également de plus bas en  vous.

    Et de même qu'une seule feuille ne jaunit qu'avec le silencieux assentiment de l'arbre entier,

    Ainsi le malfaiteur ne peut agir mal sans le secret acquiescement de vous tous. (…)

    Le juste n'est pas innocent des actions du méchant,

    Et celui qui a les mains blanches n'est pas indemne des actes du félon.[6]. »

     

    Oui, les meurtres de Mohamed Merah sont des crimes contre notre commune humanité…

    Qui pourrait penser les justifier ?

    Non, Mohamed Merah n'est pas un « monstre » qu'il faut  retrancher de notre humanité…

    Oui, les meurtres des enfants palestiniens et afghans sont aussi des meurtres in-justifiables…

    Oui, la mort de Mohamed Merah est aussi un drame…

    Oui, nous sommes tous responsables...

    Et nous sommes tous coupables...

    Nous sommes tous meurtriers...

    Et Mohamed Merah, en dépit de toutes ses errances, est lui-même une victime de ce monde meurtrier...

    Quand tout est dit, et quoi qu'on en dise encore, il est permis de penser que nous avons envers lui un devoir d'humanité qui nous conduit à exprimer à son égard un geste de compassion…

    Chacun de nous est sommé d'assumer sa part de responsabilité pour inscrire dans l'histoire les principes philosophiques et les actions politiques, les uns et les autres respectueux de la dignité humaine, qui permettront de faire face aux injustices et aux violences qui meurtrissent les hommes dans notre société et partout dans le monde…

    Pour maintenir  l'espérance vivante dans le cœur de nos enfants…

     

    * Philosophe et écrivain, membre du Mouvement pour une Alternative Non-violente ( MAN : www.nonviolence.fr ).

     

     



    [1] Cf. l'article « terrorisme » dans mon « Dictionnaire de la non-violence (Relié Poche)

    [2] « Le meurtre est la question posée, Les Palestiniens et les Israéliens face au défi de la violence », www.nonviolence.fr

    [3] Sur ce sujet, cf. mon livre Désarmer les dieux, Le Relié Poche.

    [4] Ibid., p. 687.

    [5] Ibid., p. 751.

    [6] Khalil Gibran, Le prophète, Paris, Casterman, 1956, p. 40-41.

      Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-04-2012 à 20h37

     Colloque interreligieux grand ouest Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
    Cliquer pour agrandir

    SENS ET URGENCE DU DIALOGUE INTERRELIGIEUX

    C'était le dimanche  25  mars

    À l'abbaye de Fontevraud

     

    9h Accueil - Café de bienvenue

    9h30 Ouverture

    Jacques AUXIETTE,

    Président de la Région des Pays de la Loire

    Jacques HUBERT,

    Président de Tibhirine

    Association pour le Dialogue Interreligieux

    12h30 Repas (et visite libre du site)

    Vivre le dialogue

    10h Présentation d'actions

    Animée par Jean-Christophe PLOQUIN

    Rédacteur en chef adjoint «La Croix»

    Associations :

    Acacia, Amis de la Paix, Amitié entre les Religions, Centre de Doumérac,

    Cultures et Religions en dialogue, Dialogue pour la Paix en Pays Yonnais,

    Tibhirine.

    Acteurs :

    Noureddine CHERKAOUI - délégué AIOF

    Josette GAZZANIGA

    Coordinatrice comité interreligieux

    Famille fransciscaine et secrétaire générale Religions pour

    la Paix (CMRP)

    Frère Daniel PONT- abbaye d'En Calcat - Responsable Europe

    Dialogue Interreligieux Monastique (DIM)

    Valérie REGNIER - déléguée Sant' Egidio - France,

    Jeanne RENAUT-BOUTREUX

    Secrétariat pour les Relations avec l'Islam (SRI)

    Armand GARIN - Responsable Ribât-Algérie

    Elus :

    Jean-Claude BOULARD - Maire du Mans

    Questions de l'assemblée.

     

    Comprendre le dialogue

    14h Conférence

    Jérôme VIGNON

    Président des Semaines Sociales de France

    Questions de l'assemblée.

    14h45 Table ronde

    Animée par Michel COOL

    Rédacteur en chef «La Vie»

    Participants :

    Agnostique, Bahá'i, Bouddhiste,

    Catholique, Juif, Musulman, Orthodoxe, Protestant

    Ghaïss JASSER,

    Jean-Pierre MARTIN,

    Federico Djong Do PROCOPIO,

    Père Christophe ROUCOU,

    Imam Tareq OUBROU,

    Rabbin

    Archimandrite BARSANUPHE,

    Pasteur Redouane ES-SBANTI,

    Questions de l'assemblée

     

    CONTACT SECRETARIAT :

    Marie Bossy,  - 02 40 69 54 85

    Marietibhirine@yahoo.fr.

      Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 10-03-2012 à 15h54


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      Blog créé le 01-03-2011 à 11h06 | Mis à jour le 04-05-2012 à 12h45 | Note : 5.00/10